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Besoin alimentaire et dénutrition
de la personne âgée
 
 
 
Définition :
2 types de malnutrition :
      Malnutrition par insuffisance d’apports alimentaires,
      Malnutrition par hyper catabolisme (liée à un syndrome inflammatoire).
 
On retrouve souvent une association des 2 types de dénutrition.
 
La malnutrition protéino-énergétique (MPE) touche :
ü      5 % des personnes âgées de plus de 65 ans en ville,
ü      20 à 60 % des personnes âgées de plus de 65 ans en institution (pathologie et dépendance font le lit de la malnutrition).
 
Les conséquences :
d La malnutrition protéino-énergétique multiplie par 5 ou 6 la morbidité infectieuse,
d Elle aggrave le pronostique vital : la mortalité est 2 à 4 fois plus fréquente chez le sujet âgées dénutris,
d Les carences en calcium et vitamine D aggravant l’ostéopénie et se compliquent de fractures ou de tassements vertébraux.
 
Les conséquences globales :
ö   Altération des l’état général :
         Ä Asthénie,
         Ä Anorexie,
         Ä Amaigrissement,
ö   Faiblesse musculaire ð chute ð fracture,
ö   Diminution des réserves de l’organisme,
ö   Diminution des capacités de défense du sujet lors d’un nouvel épisode de dénutrition.
 
Autres conséquences :
ó   Déficit immunitaire ð infection,
ó   Anomalie du transit intestinal (stase digestive ð fécalome, diarrhée dans un 2nd temps.),
ó   Conséquence hormonale (hypo-insulinisme, hyperglycémie),
ó   Carence en micro nutriment (vitamine et oligo-éléments).
 
Les causes de la malnutrition chez la personne âgée :
Les insuffisances d’apports liées à :
 
O    Des causes sociales :
            Ä l’isolement social,
            Ä la diminution des ressources (sujets exclus des systèmes sociaux, veuvage, ignorance des aides, privation au profit des descendants, …)
 
O    Diminution des capacités :
            Ä diminution des capacités masticatoires (denture, mâchoire, appareillage mal adapté),
            Ä trouble de la déglutition (en lien avec un accident vasculaire cérébral),
            Ä difficulté à la marche ð difficulté d’approvisionnement,
            Ä déficits moteurs ou tremblement des membres supérieurs ð difficulté d’approvisionnement, de préparation culinaire et d’alimentation,
            Ä en institution, perte d’autonomie ð sujet âgé dépendant de la disponibilité du personnel soignant,
            Ä détériorations intellectuelles parfois à l’origine d’une alimentation insuffisante ou aberrante.
 
O    L’ignorance des besoins de la personne âgée :
            Ä par la personne âgée elle-même,
            Ä par son entourage (famille, personnel soignant d’une institution).
 
O    Les maladies du tube digestif :
            Ä les malabsorption peuvent être la cause de malnutrition,
            Ä mycoses buccales et oesophagiennes (liées à la diminution du drainage salivaire) ð brûlures lors de l’ingestion des aliments.
 
O    Erreurs diététiques et thérapeutique :
            Ä régime au long court sont anorexigène,
                  è évaluer la nécessité du régime,
                  è s’il est nécessaire et le limiter dans le temps.
            Ä consommation abondante de médicament en début de repas est source d’anorexie,
            Ä abus d’alcool est également anorexigène.
 
O    La dépression est fréquente en gériatrie, particulièrement lors de l’entrée en institution. La prise alimentaire ne peut se normaliser que si la dépression est traitée.
 
Les hypercatabolismes :
Un hypercatabolismes est déclenché lors de toute maladie, qu’il s’agisse :
      Ä d’une infection,
      Ä d’une destruction tissulaire (infarctus, AVC, …)
      Ä d’une réparation tissulaire lors de fractures ou d’escarre.
 
En cas de maladie, le métabolisme est modifié pour fournir aux cellules les nutriments dont elles ont besoin (Acide Aminé provenant des muscles, Acide Gras, Glucose, Calcium, …).
 
En l’absence d’augmentation des apports alimentaires, ces nutriments sont prélevés sur les réserves de l’organisme.
 
Le métabolisme hépatique est également réorganisé :
      Ä réduction de synthèse de l’albumine et de la pré-albumine (protéine de transport)
      Ä augmentation de la synthèse de protéines de phase aiguë (CRP, orosomucoïde) nécessaires au processus de défense et de cicatrisation.
 
L’évaluation de la dénutrition
I] Les indices diététiques, évaluation des apports alimentaires
Ö Modifications métaboliques liées à l’âge ð recommandation. Besoin énergétique : contrairement à cette opinion, on ne doit pas manger moins en vieillissant.
 
Apport recommandé :
      « jms < 30 à 35 Kcal par jour et par kilo du poids idéal
      « en moyenne 2000 Kcal par jour chez l’homme, 1800 Kcal par jour chez la femme.
 
Ö Les protéines en vieillissement, réduction de la masse musculaire (masse maigre).
      è risque de sarcopénie (entraînant des faiblesses musculaire, des troubles de la marche et de l’équilibre donc risque de chutes).
 
Recommandation :
      « Apport protéique au moins équivalents à ceux de l’adulte : au moins 1g/kg/jour,
      « Maintien d’une activité physique qui concourt à préserver la masse musculaire.
 
Ö Le calcium : le métabolisme du calcium est altéré par le vieillissement ð les besoins calciques de la personne âgée sont supérieurs à ceux de l’adulte. Apport calcique recommandé : 1200 mg/jour pour les femme à partir de 65 ans et les hommes de plus de 65 ans.
 
Ö Discrète augmentation de la cholestérolémie avec l’âge, sas conséquences physiologique (pas d’augmentation du risque cardio-vasculaire après 70 ans).
      « Sauf exception, pas de régime pauvre en graisse chez la personne âgée.
 
II] L’évaluation des apports alimentaires
P En institution, nécessité de mettre en place une feuille d’aliment, où sont notés tous les ingestas.
P Les prises alimentaires doivent-être surveillées et analysées :
      Ä La personne a t-elle mangé en quantité normale ?
      Ä Pourquoi n’a t-elle mangé ?
      Ä L’aide nécessaire lui a été t-elle assurée ?
      Ä Est-elle capable de manger seul ?
      Ä La baisse de l’appétit est-elle passagère ?
 
III] Les indices anthropométriques :
P Le poids :
      Ä une perte de poids est le premier reflet d’une malnutrition protéino-énergétique,
      Ä la répétition des pesées permet d’obtenir une courbe, révélatrice de l’aggravation de la malnutrition, ou de l’efficacité des actes entreprises,
      Ä une perte de poids de 10 % est un indice majeur de gravité.
 
P L’indice de Quetelet ou l’Indice de Masse Corporel (IMC)
      Ä c’est le rapport du poids sur la taille au carré
IMC = Poids (Kg)
        Taille² (m)
 
      Ä difficulté liée à la mesure de la taille chez la personne âgée ð utilisation de la distance talon – genou (formule de Chumlea pour en déduire la taille)
      Ä état de malnutrition si :
                  Ø IMC < 21 kg / m² chez l’homme,
                  Ø IMC < 20 kg / m² chez la femme.
 
P Mesure de la circonférence des membres :
      Ä circonférence brachiale et du mollet permettant d’obtenir une estimation de la masse maigre, c’est à dire de la masse musculaire,
      Ä si circonférence brachiale < 22 cm,
      Ä si circonférence du mollet < 31 cm
                  èèmarqueurs de risque de dénutrition
 
P Mesure des plis cutanés :
      Ä apporte une estimation de masse grasse donc de la réserve énergétique de l’organisme,
      Ä on mesure principalement les plis cutanés tricipital et sous scapulaire,
      Ä comparaison avec des normes établies (âges / sexe)
 
IV] Les indices biologiques :
« Albumine & préalbumine
      ð Albumine :
ž 42 g / l < normalité < 45 g / l
ž < 36 g / l ð dénutrition modérée,
ž < 30 g / l ð dénutrition sévère.
 
            ð Préalbumine
 < 200 mg / l ð dénutrition modérée,
 < 150 mg / l ð dénutrition sévère.
 
« Les protéines dites « inflammatoires » :
      Ä traduisent le caractères inflammatoire, participent à la recherche de la cause de la malnutrition,
      Ä La Protéine C Réactive (CRP)
   taux normal < 6 mg / l,
   inflammation si > 20 mg / l,
   inflammation sévère si > 50 mg / l.
      Ä L’orosomucoïde
ï 0,5 < taux normal < 1,2 g / l.
 
La grille d’évaluation :
Le MNA (Mini Nutrititional Assessment) :
      Grille d’évaluation standardisée qui prend en considération :
`    des données diététiques,
`    des données anthropologiques,
`    des données subjectives,
`    des données environnementales.
      Qui traduisent le statut nutritionnel :
E état nutritionnel normal,
E à risque de dénutrition,
E dénutrition avérée.
 
La grille d’évaluation de Brocker :
      Ä 10 questions qui nécessitent une réponse par « oui » ou par « non »,
      Ä elle évalue succinctement :
¹   l’autonomie,
¹   le type d’alimentation et d’hydratation,
¹   le ressenti vis à vis de la nourriture,
¹   les prises médicamenteuses.
      Ä permet d’identifier un risque de malnutrition.
 
Prévenir la malnutrition :
Par une alimentation adaptée aux besoins de la personne âgée.
 
Besoins en énergie, protéines, calcium, fibres, eau, …
 
Type d’alimentation pour couvrir ces besoins :
Chaque jour :
      Ä 1 ou plusieurs produits des 5 groupes d’aliment (produits laitiers ; viandes, poissons, œufs ; légumes, fruit ; pain, féculents ; matières grasse),
      Ä de l’eau (indispensable),
      Ä sucre et produit sucré en quantité raisonnable.
 
Avec une attention particulière pour les points suivants :
š un apport suffisant en viande, poisson ou œuf, source de protéines,
š un apport en fibres,
š un apport suffisant en produit laitier,
 
Si la dénutrition est installée :
ª Traiter les maladies associées avec un minimum de médicaments,
ª Restaurer le goût et le désir de manger : faire des repas simples mais attractifs par l’odeur, les couleurs, la présentations, les saveurs, …,
ª Alimenter en en priviliègeant la voie orale et les aliments entiers (mais hacher et mixer si besoin),
ª Fractionner si nécessaire les apports en plus des 3 repas, instaurer des collations,
ª Enrichir les préparations, pour augmenter les apports en calories et en protéines (poudre de lait, fromage râpé, chair à saucisse, jaune d’œuf, …),
ª Recourir si besoins aux compléments alimentaires (importante densité nutritionnelle dans un petit volume).
 
Dans tous les cas :
»    Repérer les facteurs de risque de dénutrition :
Ä isolement (veiller à la convivialité des repas en institution),
Ä difficultés financières,
Ä diminution des capacités, nécessitant une aide,
»    Surveiller le poids régulièrement,
»    Garder à l’esprit que le repas doit rester un moment de plaisir.

Ce cours est le fruit de ma prise de note.
Mes cours ne se substituent en aucun cas à votre prise de note à vos cours.
Je décline toute responsabilité directe ou indirecte dans l'usage pouvant être fait de cet article.
© Poupyk
par Poupyk publié dans : Gériatrie
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